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Réagir face à la haine sur Internet

Swastikas effacées Le sondage Jeunes Canadiens dans un monde branché réalisé par le Réseau Éducation-Médias en 2001 a révélé qu'une grande proportion (36 %) des jeunes qui ont déjà visité un site haineux n'en ont pas tenu compte. On observe une attitude semblable face aux courriels haineux. Plus de trois jeunes sur dix n'ont rien fait, alors qu'une proportion semblable (36 %) en ont parlé à un ami, à un adulte ou à la police. Et il n'y a pas raison de croire que les adultes auraient dénoncé la haine dans une plus grande proportion.

Bien entendu, il est parfois difficile de déterminer si le contenu offensant et dérangeant de certains sites est illégal. Souvent, seul un tribunal peut en juger. Le public a cependant un rôle important à jouer dans la lutte contre la haine sur Internet. Plusieurs options s'offrent à ceux qui découvrent ou reçoivent du contenu haineux.

Contacter le fournisseur de services Internet (FSI)

De plus en plus de fournisseurs de services Internet à travers le monde sont tenus de réagir aux plaintes concernant la présence de contenu haineux sur leurs serveurs.

La plupart ont d'ailleurs une Politique d'utilisation acceptable (PUA) qui définit clairement les règles d'utilisation de leur service de même que les mesures pouvant être prises si ces règles ne sont pas respectées. La PUA interdit habituellement, sous peine de cessation de services, les sites à caractère haineux, racistes, discriminatoires, ainsi que les sites promouvant des activités illégales dans le pays du FSI.

La majorité des FSI du Canada sont membres de l'Association canadienne des fournisseurs Internet (ACFI). Le code de conduite de l'ACFI stipule qu'aucun de ses membres n'hébergera sciemment un contenu illégal. De même, les membres s'engagent à fournir un effort raisonnable pour enquêter et, s'il y a lieu, rectifier la situation en cas de plainte concernant du matériel illégal.

Les FSI n'ayant pas l'autorité légale pour décider si un contenu est illégal, certains sont donc peu enclins à retirer un contenu suspect de leurs serveurs en l'absence de directives officielles d'un organisme chargé de l'application de la loi.

Dénoncer la haine sur Internet à la police

On doit s'adresser à son service de police local pour déposer toute plainte concernant un crime haineux commis sur Internet, quel que soit le lieu de diffusion des messages ou des sites haineux.

Il est essentiel de formuler sa plainte par écrit et d'y inclure une copie du matériel haineux.

Plusieurs pays ont mis sur pied un service d'assistance téléphonique où l'on peut dénoncer le contenu et les activités illégales sur Internet. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec plusieurs organisations intéressées, planifie présentement l'implantation de ce type de service.

Déposer une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne

En janvier 2002, une décision importante du tribunal des droits de la personne obligeait le révisionniste Ernst Zundel à cesser de diffuser du matériel haineux sur son site Internet. Cette décision implique que la Commission canadienne des droits de la personne est habilitée à recevoir et traiter les plaintes concernant la diffusion de matériel haineux sur Internet ou par communication téléphonique.

Lorsque la Commission juge une plainte recevable, un enquêteur est assigné au dossier. Des recherches sont entreprises afin de déterminer si la plainte doit être portée devant le Tribunal des droits de la personne.

Visiter des sites consacrés à la lutte contre la haine

Plusieurs sites surveillent et documentent les activités et les sites illégaux sur Internet. Les organismes qui ont créé ces sites « anti-haine » tentent de faire pression sur les FSI pour que le contenu illégal présent sur leurs serveurs soit effacé. Les plus connus sont B'nai Brith Canada, qui a mis sur pied un service d'assistance téléphonique, et le Centre Simon Wiesenthal qui a produit le cédérom Digital Hate 2002, lequel identifie des milliers de sites « problématiques » incluant des sites promouvant des attentats suicide ou proposant de la musique haineuse.

Le contenu haineux hébergé au Canada est maintenant soumis à une nouvelle législation, mais ce n'est pas le cas partout dans le monde. Aux Etats-Unis, des groupes comme le Simon Weisenthal Center et la Anti-Defamation League exercent une pression morale auprès des FSI pour que ceux-ci retirent le contenu haineux de leurs serveurs. Tous deux recommandent de leur signaler la présence de contenu haineux sur Internet afin qu'ils puissent tenter de le faire retirer.

À long terme, la meilleure action à entreprendre pour contrer la haine, sur Internet comme dans la « vraie » vie, est sans doute l'éducation et la promotion de la tolérance. Plusieurs ressources sont disponibles sur Internet et en bibliothèque.

 
 
 
 
 
 
 
 
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