Même si la plupart des études récentes sur l'image des hommes dans les médias se sont intéressés avant tout à la violence, certains chercheurs ont commencé à examiner la vision de la masculinité véhiculée par des magazines pour hommes comme Playboy, Maxim, GQ et Max. Ces publications qui parlent de santé, de mode, de sexualité, de relations personnelles et de style de vie jouent leur rôle dans la définition de l'homme moderne.
Certains considèrent que ces magazines contribuent à améliorer la représentation des deux sexes par les médias, dans la mesure où ils portent sur des thèmes considérés jusqu'ici comme typiquement féminins. Mais d'autres y constatent toujours une vision stéréotypée des hommes et de la masculinité, qui ne met en scène que des hommes blancs, beaux, bien bâtis et bien habillés, qui ne s'intéressent qu'aux loisirs.
Selon les analystes des médias, ces magazines continuent à reléguer les femmes au second rang et manifestent ainsi leur hostilité face aux avancées des femmes dans le monde du travail, des médias et des autres domaines professionnels. Ce n'est pas une coïncidence, disent-ils, si ces magazines ne veulent voir dans les femmes que des objets sexuels de statut inférieur, au moment justement où elles sont en voie d'obtenir une plus grande égalité sociale, politique et professionnelle.
Des magazines comme Playboy et Maxim sont critiqués pour leur présentation des femmes comme de simples objets sexuels, mais on s'est penché aussi dernièrement sur ce qu'ils révélaient sur les hommes et la masculinité. Ils seraient, d'après certains chercheurs, le reflet des incertitudes des hommes sur le rôle qu'ils sont censés assumer dans la société, au travail et dans leurs relations personnelles.
En 1983, dans son analyse de Playboy, Barbara Ehrenreich souligne que le magazine est né en 1953, à une époque où les hommes américains se sentaient étouffés par les contraintes du mariage, du travail et de la paternité. Playboy célébrait alors ouvertement les joies de la vie de célibataire et faisait le portrait idéal d'un homme libre de tout lien, bien éduqué, qui apprécie les bonnes choses de la vie comme le vin, le jazz, le scotch, l'art et les femmes. Le succès de Playboy est venu de cette vision d'un homme libéré, dégagé des responsabilités du mariage et de la famille.