Plusieurs chercheurs et universitaires ont décelé l’existence d’une variété de stéréotypes chez les personnages masculins mis en avant dans les médias. Le rapport Boys to Men: Media Messages About Masculinity en définit cinq comme étant les plus courants : Le Comique, Le Dur, L’Homme fort, Le Grand Boss (ou L’Homme d’affaires), Le Héros.
Le Comique, très populaire auprès des garçons, peut-être parce que le rire fait partie de leur propre « masque de masculinité ». Selon ce stéréotype, les hommes et les garçons ne devraient pas être sérieux ni exprimer leurs émotions. Certains chercheurs voient cependant dans ces personnages comiques l’espoir d’une conception plus large de la masculinité.
Le Dur, toujours prêt à mettre sa vie en danger, « à se battre si nécessaire, à ne pas se laisser faire mais à attaquer ». En démontrant sa force et son pouvoir, il gagne l’approbation des autres hommes et l’adoration des femmes.
L’Homme fort, capable de « prendre le commandement et d’agir efficacement en toutes circonstances, qui contient ses émotions et séduit les femmes ». Un stéréotype qui renforce l’idée que les hommes et les garçons devraient toujours être en parfait contrôle d’eux-mêmes et que parler de ses émotions est un signe de faiblesse.
Le Grand Boss, défini par son statut professionnel, « la quintessence du succès, l’incarnation par sa richesse et sa puissance des qualités les plus admirées par la société ». L’idée qu’un homme, un vrai, doit être financièrement puissant et réussir socialement.
Le Héros, « fort, mais pas forcément silencieux et souvent en colère, surtout caractérisé par une agressivité et une violence extrêmes qui, avec les années, ne cessent d’augmenter ».
Ces stéréotypes qui renforcent une conception de la masculinité basée sur l’agression, la violence et la domination seraient le produit d’une culture populaire sexiste... envers les hommes. Dans un ouvrage intitulé Spreading Misandry, Paul Nathanson et Katherine K. Young, tous deux chercheurs à l’Université McGill, affirment que plusieurs productions cinématographiques et télévisuelles ridiculisent, blâment et démonisent les hommes. Plusieurs exemples sont cités pour étayer cette thèse. Les personnages masculins présentés dans les séries et films seraient souvent idiots (South Park, the Simpsons), irresponsables, incompétents (Home Improvement, Sex in the city) et, surtout, violents (Le Silence des agneaux, Fight Club, Wolf). L’image de puissance et de domination que l’on confère à certains personnages, cacherait, selon ces auteurs, une misandrie profondément ancrée dans notre culture.