Il y a eu bien des débats sur l'existence d'un lien entre les comportements violents des jeunes et leur exposition aux nombreuses scènes de violence dans les films, à la télévision et dans les jeux vidéo. Même si cette hypothèse n'a pu être confirmée par les études, on s'entend pour dire que la violence dans les médias doit être considérée, au même titre que le climat familial, le statut socio-économique, le rendement scolaire et la personnalité, comme un facteur prédisposant à un comportement agressif.
Les jeunes sont attirés par les films d'épouvante. Regarder des films d'horreur constitue d'ailleurs un rite de passage pour les adolescents et même pour les plus jeunes. Cependant, l'exposition constante aux images violentes peut produire un effet à long terme sur les enfants. Des études ont révélé que certains adultes souffriraient d'anxiété résiduelle pour avoir visionné des films d'horreur dans leur enfance.
| Les chercheurs ont pu observer que les enfants réagissent de trois façons lorsqu'ils sont confrontés à un haut degré de violence :
· Accroissement de la peur ; · Désensibilisation à la violence en général ; · Augmentation du comportement agressif. |
Comme la plupart des foyers sont équipés d'un magnétoscope ou d'un lecteur DVD, les jeunes ont facilement accès aux films contenant des scènes scabreuses et de la violence gratuite. De plus, plusieurs parents ne comprennent pas bien les systèmes de classement des films et même s'ils y parviennent, ils ne peuvent empêcher leurs enfants de se faufiler dans les salles de cinéma pour voir un film destiné aux adultes. L'aménagement actuel des multiplex facilite l'accès des jeunes aux films qui leur seraient autrement interdits : une fois le billet payé, ils peuvent accéder à n'importe quelle salle. Plusieurs cinémas ne se donnent d'ailleurs pas la peine d'appliquer les restrictions liées aux classifications.
En septembre 2000, la Commission fédérale américaine du commerce (FTC) a démontré que l'industrie du divertissement commercialise activement des productions violentes auprès des jeunes. La FTC a analysé 44 films classés R (Réservés aux personnes de 17 ans et plus, à moins d'être accompagnées d'un adulte) et découvert que 80 % d'entre eux ciblaient un public de moins de 17 ans.
Cette étude a aussi révélé qu'Hollywood recrute régulièrement des adolescents et des enfants (parfois de 9 ans !) pour évaluer des scénarios, des publicités, des bandes-annonces et des premiers montages de films avant leur sortie en salles, et ce même pour des films classés R. D'ailleurs, les bandes-annonces de films violents sont diffusées aux heures de grande écoute à la télévision. Les publicités de ces films sont aussi imprimées dans des magazines destinés aux adolescents. Finalement, l'étude rapporte que les studios ciblent les enfants à partir de 4 ans en produisant des jouets reliés à des films 13 et + et R.
Une des principales raisons expliquant la prolifération des films violents est leur facilité d'exportation. Contrairement aux drames et aux comédies, les films d'actions ne nécessitent pas d'onéreuses traductions et adaptations pour les marchés étrangers. Même à la maison, leur contenu souvent simpliste semble rejoindre un plus vaste public. Bref, en Amérique comme à l'étranger, la violence est payante.
Pour limiter l'accès aux films de violence et d'horreur aux jeunes enfants, les parents devraient :
- Exprimer clairement leurs réticences à l'égard des films violents.
- Établir des règles familiales quant aux choix des films en fonction de l'âge des enfants.
- Utiliser notre fiche-conseils Discuter avec les jeunes de la violence dans les médias pour parler des différents types de violence dans les films. Établir une distinction entre la violence réaliste qui porte préjudice en montrant bien les conséquences et la violence gratuite qui fait l'éloge de la force comme seul moyen de résolution de conflits.
- Se familiariser avec les systèmes de classement. Garder en tête que les classifications sont parfois trompeuses. Certains films classés 13 et + peuvent parfois contenir du matériel inapproprié pour les jeunes.