Pierre n'est pas préparé : première interview et diffusion de la nouvelle
Pierre est encore sous le choc de la bataille au couteau qui s'est déroulée la veille à son école. Il a entendu beaucoup de rumeurs, mais il n'est sûr de rien. Il ne se sent pas du tout préparé à parler à la journaliste, mais pense que cela n'a pas d'importance du moment qu'il répond honnêtement.
Voici comment se déroule l’entrevue :
Journaliste : La violence dans nos écoles semble en augmentation. À Raoul Eiffel, combien y a-t-il eu d'incidents de ce genre ces dernières années ?
Pierre : Je ne sais pas.
Journaliste : Mais diriez-vous que les cas de violence sont en augmentation ?
Pierre : Ouais, j'imagine. On entend partout en ville des histoires de batailles au couteau ou avec un gun. On dirait que ça devient normal d'apporter un couteau à l'école.
Journaliste : Comment est l'atmosphère aujourd'hui ? Aviez-vous peur de venir à l'école ce matin ?
Pierre : Non. Je veux dire, ce n'est pas comme si ça arrivait tous les jours. Mais j'en connais qui ont été pas mal secoués. J'imagine que ça dépend des gens.
Journaliste : Quelques personnes m'ont dit que la bataille avait des motifs raciaux. Est-ce que c'est l'opinion générale ?
Pierre : D'après ce que j'ai entendu dire, c'est probablement vrai. Des amis à moi ont tout vu et m'ont dit qu'un type noir avait attaqué un Indien et que l'Indien avait sorti un couteau.
Journaliste : Est-ce qu'il y a beaucoup de tension raciale à votre école ?
Pierre : Ici ? Les gens se battent à propos de n'importe quoi, la couleur de leur peau, le genre de musique qu'ils écoutent, les filles avec qui ils sortent… Je parie que certains pourraient se battre à propos de la couleur de leurs bas. Mais je ne pense pas que c'est pire qu'ailleurs.
Journaliste : Merci de votre collaboration.
Voici comment la journaliste a utilisé l'entrevue de Pierre dans son article.
Les batailles au couteau sont devenues « normales », dit un étudiant
Par Jeanne Tremblay
La violente altercation qui a fait hier un blessé à l'École secondaire Raoul Eiffel a laissé les élèves en état de choc. Plusieurs étudiants ont été témoins de cette bataille dans un corridor de l'établissement entre deux jeunes de 5e secondaire, un noir et un autochtone. L'incident a secoué beaucoup d'élèves et inquiété de nombreux parents, mais Pierre Laliberté, un étudiant de l'école, dit que cela n'a rien d'exceptionnel.
« On dirait que c'est devenu normal d'apporter un couteau à l'école », a-t-il déclaré le jour suivant l'incident. Selon lui, ce genre d'épisodes violents est en augmentation et tout sert de prétexte à déclencher une bagarre : « Les gars se battent à propos de n'importe quoi, la couleur de leur peau, le genre de musique qu'ils écoutent, les filles avec qui ils sortent… Je parie que certains pourraient se bagarrer à propos de la couleur de leurs bas. »
Le Dr Pierre Freud, un psychiatre qui travaille avec les jeunes délinquants dangereux, affirme que la violence dans les écoles est à la hausse, qu'elle est souvent devenue pour les jeunes la seule manière de régler un problème…
Regardez maintenant à quoi aurait ressemblé l'article si Pierre s'était préparé à l'entrevue.