Juliette est étudiante dans une institution pré-universitaire. Elle fait presque toutes ses courses en ligne. Les cours, les activités parascolaires et son emploi à temps partiel (qui lui permet d'économiser pour l'université) occupent presque tout son temps, alors elle peut rarement se rendre dans un centre commercial ou une boutique. Et le magasinage en ligne est si pratique! Elle commande des vêtements, des produits de beauté et surtout, des livres. D'ailleurs, chaque fois qu'elle visite Congo.com, on lui recommande des livres. Elle est surprise par la qualité des recommandations – il lui semble que plus elle achète, plus on lui recommande les livres qu'il lui faut.
Quand elle dispose d'un moment de détente, Juliette aime bien se prélasser et lire des magazines un peu ringards. Elle a réussi à s'abonner à ses magazines préférés pour une somme modique par l'entremise de Congo.com, et elle s'est inscrite à un service qui lui permet d'en lire d'autres en ligne gratuitement. Le seul problème, c'est que dernièrement, elle reçoit beaucoup de courrier-déchet, sous forme de pourriel et par la poste. Elle reçoit même des appels de télémarketing à la maison et du pourriel texte sur son téléphone cellulaire! Elle en a parlé à sa mère, qui lui a dit que l'éditeur de magazines a probablement vendu son nom à d'autres compagnies.
Juliette se met à réfléchir à toutes les publicités qu'elle voit en ligne. Elle n'avait jamais remarqué auparavant que les publicitaires semblent en savoir beaucoup à son sujet – elle voit souvent des publicités d'agences de rencontre qui promettent de lui présenter des garçons de la même ville qu'elle, par exemple. Même quand elle visite des sites Web qui n'ont rien à voir avec le magasinage, ils contiennent plein de bannières publicitaires et de fenêtres flash qui correspondent à ses préférences d'achats en ligne. Elle décide de faire une petite expérience et d'ajouter « planche à roulettes » à la liste de passe-temps sur son profil de réseautage social. Immanquablement, quelques heures plus tard, elle voit apparaître des publicités de magazines de planches à roulettes sur les sites Web qu'elle visite.
Elle se rend donc à Congo.com pour lire leur politique de confidentialité. Il y est indiqué qu'ils ne communiqueront pas ses renseignements personnels si elle ne veut pas qu'ils le fassent, mais c'est à elle de leur dire qu'elle refuse et ils ne le lui ont pas demandé lorsqu'elle a ouvert son compte. Ils ajoutent qu'ils n'ont aucun contrôle sur la façon dont les entreprises qui impriment les livres et les magazines utiliseront ses renseignements. Il est également mentionné qu'ils pourraient recueillir des renseignements à son sujet auprès d'autres sites pour bonifier les recommandations qu'ils lui font.
Juliette est hésitante. Elle ne veut pas cesser d'utiliser Congo.com, ni fermer son profil de réseautage social, mais elle n’est pas à l’aise à l’idée de donner d’autres renseignements personnels. Et elle se fait également du souci pour sa sœur cadette qui s'inscrit aux sites Web qu'elle visite. Plusieurs de ces sites contiennent des sondages qui demandent d'autres renseignements personnels sur les utilisateurs et leur famille. Quand la sœur de Juliette aura le même âge qu'elle, quelle quantité de renseignements les publicitaires connaîtront-ils à son sujet?
Questions
- Résumez brièvement les événements de cette étude de cas et identifiez les enjeux relatifs à la protection de la vie privée qui en émergent (vous devriez être en mesure d'identifier au moins trois enjeux).
- À quel point jugez-vous ces enjeux sérieux? Pourquoi? Lequel est le plus sérieux, d'après vous?
- Croyez-vous que cette étude de cas vous concerne personnellement? Pourquoi?