En 1955, deux groupes de protection des consommateurs, la Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec (FNACQ) et le Public Interest Advocacy Center (PIAC, Ottawa), ont mené un sondage pour mesurer les réactions des Canadiens en ce qui concerne la collecte, la diffusion et l’utilisation des renseignements personnels les concernant. Vous trouverez ci-dessous quelques-uns des résultats de ce sondage intitulé Surveying Boundaries : Canadians and their Personal Information (septembre 1995).
- Selon ce sondage réalisé en 1995, 76 % des Canadiens pensaient avoir moins de contrôle sur leur vie privée qu’il y a dix ans, alors qu’ils n’étaient que 60 % à penser la même chose lors du sondage Ekos 1992.
- Soixante-dix pour cent d’entre eux affirmaient être au moins moyennement inquiets à l’idée d’un partage d’informations entre différentes institutions gouvernementales. Le pourcentage montait à 90 %, si le partage se faisait entre compagnies privées ou entre organismes gouvernementaux et compagnies privées.
- Le sondage rapportait également que 95 % des Canadiens désiraient savoir à quel usage étaient destinés les renseignements personnels qu’on leur demandait et que 94 % insistaient pour que ces renseignements ne soient pas communiqués à une tierce partie sans leur autorisation expresse.
- Toujours en 1995, ils étaient 82 % à penser que les changements technologiques ne devaient en aucun cas imposer aux individus un poids plus lourd (financier ou autre) pour protéger leur vie privée.
- Parmi les personnes interviewées en 1995, 95 % avaient déjà reçu des appels téléphoniques non sollicités de la part d’entreprises commerciales, 85 % en provenance d’organismes de charité. Le rapport Surveying Boundaries en concluait qu’il était « évident que collecte et partage de renseignements personnels se font à grande échelle, sans que les personnes concernées en soient averties, ni n’aient donné leur autorisation, ce qui va à l’encontre des principes de la protection de la vie privée ».
- Le rapport ajoutait que « la plupart des Canadiens ne sont pas au courant des lois et programmes qui réglementent la diffusion des renseignements personnels ». Les trois quarts (73 %) ignoraient tout des lois et organismes gouvernementaux qui protègent la vie privée et seuls 17 % d’entre eux étaient capables d’en donner un exemple précis.
- Le sondage a également montré que peu de Canadiens demandaient à voir leurs informations personnelles qui étaient détenues par une entreprise commerciale ou une institution. (Les pourcentages vont de 1 % pour les renseignements détenus par les associations de propriétaires à 18 % pour les dossiers médicaux.) Environ un cinquième de ceux qui s’étaient informés avaient constaté des erreurs.
- a) Dans ce sondage de 1995, 83 % des Canadiens considéraient comme utiles les services d’affichage téléphonique, même si 40 % y voyaient une atteinte à la vie privée. b) Soixante-quatorze pour cent d’entre eux étaient pour la possibilité de bloquer cet affichage, alors que 47 % croyaient que c’était une mauvaise idée. « L’attitude des Canadiens sur la fonction d’affichage et de blocage de l’identité de la personne qui appelle semble provenir d’un désir de maximiser les nouvelles possibilités de la technologie de manière à contrôler à leur profit les appels qu’ils reçoivent aussi bien que ceux qu’ils font », en conclut Surveying Boundaries.
- Le sondage montrait également qu’en ce qui concerne la protection de leur vie privée, seuls 7 % des répondants choisissaient de s’en remettre à des politiques volontaires de l’industrie plutôt qu’à des lois gouvernementales ou l’implication du public. Une vaste majorité (69 %) désirait une implication des consommateurs dans l’élaboration des règlements et de leur application, une option qui ne dépendrait pas entièrement du gouvernement ou de l’industrie privée.
- Enfin, 87 % des Canadiens considéraient que le gouvernement devait faire de la protection de la vie privée une de ses priorités, sans augmenter les impôts pour autant !