Certains programmes européens adoptent pour leur part une perspective sémiologique et font de la question du sens des messages le fondement même de l'enseignement des médias. Le contenu de ce type de programmes est centré sur l'analyse du langage des médias et sur l'étude du processus par lequel la signification des médias s'impose au récepteur.
Ces programmes présupposent que les jeunes sont trop souvent passifs dans la relation qu'ils entretiennent avec les médias, ce qui les rend captifs du sens que les médias cherchent à leur imposer. Ces programmes visent à enseigner aux jeunes la manière dont les médias s'y prennent pour imposer aux récepteurs certains cadres interprétatifs déterminés, certaines connotations particulières. Par le biais d'exercices centrés sur l'analyse d'images, on amène les jeunes à réaliser le caractère polysémique des messages et la manière dont les médias réussissent à réduire ce caractère polysémique.
Dans ces programmes, la culture de masse est étudiée avant tout comme un système signifiant structuré, comme un phénomène de langage. Le contenu de ces programmes propose aux jeunes un apprentissage des codes et des règles par lesquels le langage de l'image et le langage de l'audiovisuel produisent de la signification. Selon cette perspective, l'étude des médias devient relativement secondaire, car ce n'est pas l'analyse du canal par lequel les messages sont véhiculés qui importe mais bien l'étude du message lui-même.
Certains programmes développés en Suisse adoptent cette idée, soit Initiation aux mass medias : méthodologie destinée aux élèves du cycle d'orientation (Centre d'initiation aux mass medias, 1984) et Découverte de l'image (Centre d'initiation aux communications de masse, 1980).
Source : L'éducation aux médias : vers une redéfinition des rapports entre l'école et les médias, étude réalisée pour la Centrale de l'enseignement du Québec par Jacques Piette, professeur au département des lettres et de communications de l'Université de Sherbrooke.