Une nouvelle étude de la faculté de Harvard indique que le nombre de scènes de violence dans les films pour enfants a augmenté. « Le niveau de violence physique, qu'elle provienne des armes à feu, des couteaux ou encore de la magie, serait passé d'une moyenne de six minutes par film en 1940, à 9,5 minutes en 1999. » Parmi les productions les plus violentes, nous retrouvons sur la liste Le roi et moi, avec Jodie Foster, et le dessin animé de Disney Quasimodo. Les chercheurs dénombrent au moins une scène violente dans chacun des 74 films à l'étude destinés au grand public.
Cette culture de la violence dans les médias serait d'ailleurs en train de se répandre mondialement. Une récente étude produite par l'UNESCO affirme que près de 90 % des écoliers de 12 ans, dans les 23 pays sondés, connaissent des personnages violents comme Terminator et Rambo.
Si la violence est de plus en plus présente dans les films, elle ne date toutefois d'hier. Elle trouve ses origines avec la naissance même du cinéma. Il ne faut pas oublier que le cinéma aspire à être perçu comme une empreinte du réel. Ainsi, ce souci de réalisme aide en partie à expliquer le déchaînement de la violence sur les écrans. Les propos de Quentin Tarantino, réalisateur de Pulp Fiction, illustrent bien cette tendance : « Si je montre tout ce sang, c'est parce qu'un type qui prend une balle dans le ventre pisse le sang. C'est une question de réalisme. »
Bref, devrions-nous faire de la violence un tabou qu'il faut taire et exclure de nos discours ? Dans son article « Violence et cinéma », David Lubek affirme que « derrière la violence, sérieuse ou parodique, du cinéma américain se profile pourtant une violence bien réelle, proprement innommable : la violence monotone des journaux télévisés ». Est-ce la violence au sein des sociétés qui influence les récits filmiques ou les œuvres cinématographiques qui perturbent notre quotidien ?