L'année 2001 a été proclamée par l'ONU « Année internationale de la mobilisation contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance ». Qu'en est-il du racisme au cinéma ? Quels efforts ont été déployés dans le monde de la production pour enrayer ce phénomène ?
Une étude menée en 1998 par Children Now, A Different World: Children's Perceptions of Race and Class in Media, a exploré cette problématique. Elle a révélé que les enfants, toutes races confondues, associent davantage des caractéristiques positives aux personnages blancs qu'ils voient dans les films et des caractéristiques négatives aux personnages issus des minorités :
« Tous les enfants conviennent que les rôles de patron, de secrétaire, de policier et de médecin sont habituellement joués par des Blancs tandis que les rôles de criminel, de servante ou de concierge sont d'ordinaire tenus par des Afro-Américains. Les enfants ne voient jamais des personnes d'origine latine ou asiatique comme personnage-clé dans les rôles inscrits. »
À ce sujet, le film Tarzan produit par Walt Disney constitue un exemple probant de cette situation. Rappelons que ce film, qui se veut une leçon de compréhension universelle encourageant la lutte contre le racisme et la xénophobie, n'inclut aucun protagoniste noir alors que cette histoire se déroule en Afrique. C'est dire à quel point le cinéma n'est pas toujours représentatif de la diversité culturelle mondiale.
Heureusement, ce ne sont pas toutes les œuvres cinématographiques qui vont dans cette direction. En fait, le cinéma peut se révéler un excellent moyen pour promouvoir le multiculturalisme et pour lutter contre toutes formes de discrimination raciale. Par exemple le film The Hurricane, réalisé par Norman Jewison, dénonce l'injustice et le racisme à travers la vie du boxeur noir Hurricane Carter (Denzel Washington), emprisonné pendant vingt ans pour un crime qu'il n'avait pas commis.